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Se préparer au “big shift” de la stratégie Microsoft

Tout le monde se souvient de cette petite phrase lâchée par Bob Muglia avant l’été 2011 “Our strategy with Silverlight has shifted”, ce qu’on traduirait par “notre stratégie à propos de Silverlight s’est déplacée”. Clair et nébuleux à la fois. La panique a envahi alors le monde Silverlight, malgré la V5 qui sortait prochainement, la question devenant “y-aura-t-il une V6 ?”. On le sait la réponse fut non. Mais je crois sincèrement que les vraies questions étaient ailleurs. Microsoft a “shifté” sa stratégie, globalement, pas seulement autour de SL. Quelques éléments de réflexion pour mieux comprendre Ce qui s'est passé. {Nota: ce billet est l'original de 2011 l'accroche a été actualisée car il garde tout son sens 10 ans après, ce qui suit date de 2011} 

Our Strategy with Silverlight has shifted

{Rappelez-vous que cela a été écrit en 2011 après l'annonce de MS. Le contenu qui suit était donc prospectif à l'époque. Le temps a révélé la justesse de cette analyse qui mérite d'être lue encore aujourd'hui pour comprendre ce qu'il s'est passé et pourquoi la situation est celle que nous connaissons aujourd'hui.}

Bien entendu cela semble bien ciblé, c’est Silverlight dont il est question et de rien d’autre. Mais est-ce si clair ? D’ailleurs Bob Muglia a quitté Microsoft depuis cette annonce. Non pas que je crois que les deux évènements sont liés aussi directement, mais tout simplement parce que Microsoft a “shifté” toute sa stratégie. Muglia a été poussé vers la sortie au profit de Steven Sinofsky. Le titre exact de leur poste est différent, mais leur rôle de leader a bien été échangé. Et ce ne sont pas les seuls modifications, d’autres jeux de chaises musicales ont eu lieu chez Microsoft. {Nota: l'avenir confirmera le départ de Sinofsky et de Ballmer dans la même charrette largement méritée}

Tout ce remue-ménage ne peut avoir pour seul point de départ et seul centre d’intérêt Silverlight, même si nous avons tous, nous les amoureux de SL, la tentation de tout ramener à ce fantastique plugin.

Non, c’est un changement de stratégie en profondeur. Décodons-le.

Back to 80’s

Dans les années 80, les développeurs et éditeurs de logiciels se sont trouvés dans une situation très embarrassante : Quelle plateforme choisir pour développer un nouveau logiciel ? D’un côté nous avions Apple, tout auréolé de sa capacité à produire des machines comme l’Apple II ou le Mac, et de l’autre l’arrivée fracassante de l’IBM PC. Faire confiance à ceux qui savaient produire des micros depuis un moment ou faire confiance au poids gigantesque de l’image de marque IBM qui représentait tout le sérieux de la grosse informatique à cette époque.

Pour beaucoup de lecteurs il s’agit d’une époque tellement lointaine que certains n’étaient peut-être pas encore nés. Mais je vous assure que pour un éditeur de logiciel faire le choix Apple ou IBM à cette époque a été un vrai cauchemar. Choisir l’un et risquer de tout perdre si on se trompait, choisir les deux et doubler les couts de développement et ne plus avoir assez de ressources pour lancer le produit... Ayant produit pendant plus de 10 ans la suite de logiciels médicaux Hippocrate à l'époque je sais la difficulté de ce choix.

Ne plaisantez pas sur ce passage d’ancien combattant... vous allez y être plongé de gré ou de force et d’une façon encore pire que vos ainés ! {Nota: jusqu'à ce que la charette Sinofsky / Ballmer mette fin à cette terrible période stérile chez MS}

Mais pour comprendre suivons le fil de l’histoire.

Le tout-PC-Microsoft

Ce cauchemar a été certainement l’un des moteurs de la grande bascule qui a eu lieu, le marché, notamment des entreprises, basculant vers le PC, chaque bastion gagné faisant de plus en plus pencher la balance en faveur de cette plateforme et entrainant encore plus vite, par effet boule de neige, son adoption par d’autres entreprises dans le monde.

Ce fut l’avènement des PC. Et donc celui de MSDOS, suivi après par Windows.

Heureux les informaticiens ayant connu cette glorieuse époque ! 100% du marché de la micro-informatique était fait de PC, et 95% de ces PC marchaient sous MSDOS puis Windows.

Le cauchemar avait enfin pris fin.

Plus de question à se poser concernant le choix de la plateforme pour développer. C’était pour des PC, et donc pour de l’OS Microsoft.

Epoque bénie entre toutes où nous avions préféré être captifs d’un seul éditeur, d’une seule architecture, car en retour nous avions gagné la stabilité, l’abaissement des risques lié au choix de la plateforme, l’abaissement des couts de production (une seule version d’un soft au lieu de plusieurs pour plusieurs OS).

Les progrès immenses de la micro informatique des années 90 et 2000 n’a qu’un seul moteur principal : l’uniformisation et la garantie de stabilité du parc mondial lié à la domination de Microsoft et de la plateforme hardware PC.

Il ne faudra jamais oublier ce point essentiel. Car cet âge d’or est aujourd’hui révolu par la volonté d’un fou haineux. Vous comprendrez plus loin...{Nota; en tout cas en 2011 quand j'écrivais ces lignes}

Comme le prouvait dernièrement une enquête, pour la majorité des gens, c’est Microsoft qui a révolutionné la micro-informatique et non pas Apple, car Microsoft a permis la banalisation de l’outil informatique. Et le fait que tout le monde puisse avoir accès à cette technologie compte bien plus que la poignée de bobos qui pouvaient se payer un Mac pour décorer leur bureau (médecins, gosses de riches...).

La domination de Microsoft et de la plateforme PC a été l’origine de l’explosion de la micro dans le monde.

Il y a bien eu la naissance d’un sentiment anti “M$” comme on l’écrivait. Le sentiment d’être prisonnier de la volonté d’un seul éditeur. Les procès en position dominante, et le jeu, il est vrai, parfois trouble de Microsoft n’hésitant pas à utiliser des pratiques assez peu “friendly” avec la concurrence. Mais après tout, le modèle libéral américain c’est ça : écraser le plus de concurrents pour devenir le meilleur. Peut-on leur en vouloir d'avoir joué le jeu de l'idéologie dominante de leur pays ?

Sauf que ce rêve du libéralisme n’est qu’un leurre : lorsqu’il y a un vrai bon élève qui applique bien toutes les règles de ce jeu sans règle, on lui tape dessus. Preuve que le libéralisme ne peut fonctionner que si le rêve ne reste qu’un rêve et qu’aucune entreprise ne gagne la partie... C’est à cette époque que j’ai pris conscience que le libéralisme était une idéologie morte en même temps que la chute du communisme à la soviétique. Mais c’est une autre histoire !

L’heure du basculement technologique

Mais tout à une fin.

Si Microsoft a su rester leader sur la plateforme PC, c’est la plateforme PC qui ne représente plus 100% de la micro-informatique ! Cruel coup du sort...

Microsoft est devenu le roi d’un royaume qui se rétrécit.

Non pas qu’il se vende moins de PC dans le monde, il s’en vend toujours plus chaque année. Non, mais l’émergence des Smartphones et des tablettes fait, qu’en nombre d’unités en circulation un rééquilibrage s’effectue. Car ces petites machines sont de la micro-informatique avec des OS et des applications. On a dépassé le cadre des téléphones avec petits écrans mais totalement fermés et propriétaires.

Sans tenter de faire dans la divination, on peut admettre que les 100% de la micro-informatique, espace hier occupé entièrement par les PC, va, au fil du temps tendre vers un partitionnement de type 1/3. Un tiers de PC, un tiers de Smartphones, un tiers de tablettes. Le prix de ces deux derniers étant largement inférieur à celui d’une grosse machine de bureau, on peut même s’attendre à ce que, toujours en nombre d’unités, tablettes et Smartphones réunies dépassent les 66%. Le marché du PC classique (bureau, portable) restant toujours aussi énorme en unités vendues, mais ne comptant plus que pour une 20aine de pourcent dans le marché global de la micro-informatique.

Microsoft est toujours le roi de son marché et de sa plateforme, c’est cette dernière qui ne représentera qu’à terme 20% du marché !

Le fantasme de l’”Everywhere”

Bien que devenu totalement marginal durant ces 20 années de domination des PC, le Mac d’Apple a su conserver un marché de niche, entretenu de façon un peu fanatique par le culte de la marque, le culte de la personne comme celle de Jobs.

Et bien que tous les développeurs PC aient bénéficié de la domination de Microsoft pour payer leur loyer et remplir leur écuelle de soupe, beaucoup ont conservé comme une espèce de blessure narcissique, fantasmant toujours sur la plateforme Mac.

De là est né le fantasme de l’”Everywhere”.

Les informaticiens gardaient ce rêve irrationnel d’un moyen d’écrire un seul logiciel qui marcherait aussi bien sur PC que sur Mac, même si ce dernier ne représentait plus rien (2% environ) du marché. Les restes de cette blessure d’avoir été obligé de choisir les PC et leur DOS très moche alors que leur cœur les poussait à vénérer le Mac ? Très certainement. 

Dans le même temps, un autre phénomène incroyable autant qu’était imprévisible le succès des livres au temps de Gutenberg, le web explosait et modifiait en profondeur notre rapport à l’information. Et les limitations de Html, incapable de suivre la demande (vidéo, sons, animations...) ont forcé l’émergence d’un modèle particulier, celui des plugins.

Or, le web est accessible par toutes les machines, PC et Mac inclus. Les deux phénomènes ont alors fait jaillir une étincelle dans l’esprit des informaticiens comme deux fils électriques qui se touchent : concrétiser, 20 ans après, leur fantasme ! En écrivant un plugin qui fonctionne sur PC et sur Mac, on pouvait dès lors écrire des logiciels totalement portables entre les deux univers sans avoir à faire de choix !

On touche tout l’irrationnel de ce choix puisque le Mac ne compte plus en part de marché depuis longtemps. C’est un fantasme, une vieille blessure, une sorte d’affront enfin lavé. C’est tout. Technologiquement cela n’avait pas de sens dès le départ.

Flash de Adobe s’est engouffré dans cette brèche fantasmatique et finalement sans grand intérêt technique.

Mais l’histoire est pleine de rebondissements passionnants ! Flash a réveillé d’autres inspirations : celles de logiciels graphiques, animés, sonorisés. Flash a apporté la modernité au développement, bien plus que Apple n’a pu le faire en 30 ans. Flash a démontré qu’il était possible d’écrire des sites Web sous forme de vraies applications lookées, fonctionnelles, sachant gérer des données et pouvant rendre des services dignes d’une “vraie” application. D’autres technologies ont poussé dans la même direction (Ajax, Asp.NET...) toutes avec leurs points forts, mais aucune avec ce qui finalement avait fait le succès en partie d’Apple : le look.

Silverlight, quelques années après, a suivi cette voie. Celle du fantasme de l’Everywhere, WPF/E, WPF Everywhere.{Nota: nom provisoire de Silverlight avant sa sortie officielle}

La gloire de l’horizontalité

Ces quelques dernières années qui ont connu la monté en puissance de Flash puis celle de Silverlight ont été celles d’un grand rêve uniquement motivé par un vieux fantasme, une vieille frustration : écrire un logiciel une fois qui puisse tourner sur PC et sur le divin Mac adulé en secret par tous les PCistes...

Flash partout, WPF everywhere.

Le cross-plateforme universel était né. Un seul plugin porté sur PC et Mac, un seul logiciel à écrire qui fonctionne de la même façon partout.

Le plugin traversant horizontalement l’espace des OS permettant à un logiciel d’atteindre ce vieux rêve de la portabilité PC/Mac.

On notera au passage que tout cela n’avait dès le départ aucun sens véritable, le Mac ne pesait rien sur le marché, et il ne pèse toujours rien aujourd’hui. Toute cette débauche d’effets spéciaux n’a été motivée que par un vieux fantasme, une vieille frustration des PCistes.

Mais une fois encore l’histoire allait connaitre un rebondissement incroyable, transformant un rêve inutile en un besoin réel !

Le marché des tablettes et des Smartphones émergeant simultanément à tout cela a donné un autre sens bien plus concret à ce fantasme, un autre terrain de jeu pour exprimer avec encore plus de vigueur ce vieux rêve de l’Everywhere : Si le "saint plugin" était porté sur toutes ces nouvelles machines, on tenait enfin l’universalité tant désirée !

On y était presque.

On a caressé un instant ce rêve.

Nos yeux ont brillé de voir ce fol espoir se concrétiser doucement sous nos yeux.

Mais comme certains équipages Apollo qui n’ont fait que tourner autour de la Lune sans s’y poser, revenant sur terre avec le gout amer d’être allé si loin sans avoir touché le sol de notre satellite, un assassin a brisé notre rêve.

La bulle de rêve éclate alors. Le retour à la réalité est d’autant plus cruel que nous y étions presque ! Nous allions perdre 10 ou 20 ans d'avance d'un coup d'un seul.

On comprend mieux la suite...

Jobs l’assassin

Loin du mythe du grand visionnaire que sa mort ne fait que renforcer, Jobs a assassiné plusieurs rêves pour sa seule gloire, sa fortune personnelle et celle de ses actionnaires.

Assassiner la marque Apple

C’est un peu hors du sujet, mais Jobs a commis deux assassinats pour satisfaire sa petite personne, et si le second nous intéresse plus, le premier sera certainement celui que les historiens du futur retiendront...

Au lieu de redresser Apple et d’envahir le monde de Mac, d’autoriser peut-être (et enfin) les compatibles Mac, au lieu de vendre de l’OSX, au lieu de faire de Apple ce que cette marque aurait pu devenir sans toutes les erreurs du passé, non, Jobs a préféré délibérément sucer la substantifique moelle de l’aura Apple pour vendre de la musique en ligne et copier le concept de baladeur de Sony. Plus tard il copiera l’idée du Smartphone de longue date représenté par Microsoft Windows Mobile, il pillera sans vergogne l’idée de la tablette qui existait déjà dans le monde Windows, sans parler de l’Origami, ce concept présenté par Microsoft avant qu’Apple ne fasse l’Ipad...

D’une marque essentiellement élitiste avec toute l’aura qui allait autour (qu’on aime ou pas, la polémique de l’élitisme Apple faisant partie de l’image de marque), Steve Jobs s’est contenté de faire du grand public en bradant cette image de marque unique qu’était celle de Apple.

Aujourd’hui l’effet se tasse, Android mange sérieusement la suprématie de l’IPhone. Jobs a tué l’unicité de la marque. Il s’en est mis plein les poches, mais il a fait d’une marque d’exception une marque banale qui finira par se diluer dans la concurrence qui n’a pas forcément les deux pieds dans le même sabot...

Assassiner le rêve de l’Everywhere

Mais Steve Jobs a commis un deuxième assassinat. Il a tué le rêve de la portabilité, il a saccagé le fantasme de l’Everywhere.

En refusant, animé par une haine totalement psychotique, la présence de Flash sur les IPhone et IPads, alors même qu’il l’acceptait sur les Macs, Jobs a tué les plugins horizontaux.

Fin du rêve. Retour à la réalité. Back to 80’s.

Puisque tout le fantasme derrière les plugins comme Flash et Silverlight était l’universalité, la portabilité absolue, et puisque tout un pan de la microinformatique devenait inaccessible aux plugins, c’est toute la justification même de ces plugins qui se trouvait sapée à la base. Déracinée de toute justification.

En toute logique puisque le monde Apple serait pour toujours inaccessible, les plugins ne pouvaient plus prétendre être la solution de portabilité pour le futur.

Jobs l’assassin venait de briser un rêve qui était presque accompli et nous renvoyait 30 ans en arrière.

Par filouterie, usant d’une stratégie machiavélique classique, le même Jobs mettait en lumière Html 5. Le buzz autour de cette version de Html allait finir de semer la confusion dans les rangs des éditeurs de plugins, Adobe et Microsoft en tête.

Il faut bien prendre conscience que ce n’est pas Html 5 qui aura tué Flash ou Silverlight, Html 5 n’aura été que l’instrument manipulé par un fou haineux, un type qui voulait la peau de Flash, qui vomissait Flash pour de sombres raisons. Un type considéré d’ailleurs comme caractériel et instable. Steve Jobs.

De l’horizontalité à la verticalité : le grand Shift

Devant ce mur infranchissable que Jobs a dressé aux portes des IPhones et des IPads, qui pouvait lutter ? Qui pouvait prétendre forcer la serrure ?

Personne.

Les plugins ne pouvaient plus prétendre à l’universalité et c’est ainsi qu’ils disparurent...

Adobe et Microsoft l’ayant compris et sachant que cette bataille était terminée à deux doigts d’être gagnée ont alors “shifté” leurs stratégies.

Html 5 et ses quelques gadgets faisant le buzz, à quoi bon expliquer à un client que cela ne règlerait pas tous les problèmes, que cela ne serait pas la panacée ? ...

Un proverbe arabe dit “on ne fait pas boire l’âne qui n’a pas soif”. Quelle sagesse...

Pour diriger une entreprise depuis longtemps je peux vous assurer que même animé des meilleurs sentiments, contre un buzz énorme vous ne pouvez rien. Perdre son temps pour expliquer à un client des détails qu’il ne veut pas entendre (et que souvent il ne peut pas comprendre) est la meilleure façon de perdre la vente... Nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours, il faut payer le loyer et donc vendre ce que les clients veulent acheter, même s’ils se trompent, même si on le sait. Les plus honnêtes comme j’essaye de l’être perdent des clients en refusant de les envoyer sur des voies aventureuses, mais je sais que chaque client que je perds ainsi sera récupéré à chaque fois par quelqu’un qui n’aura pas ma conscience et qui lui pourra payer les traites de sa BMW... Parfois ça donne à réfléchir je peux vous le dire, même si personnellement cela ne change rien à l’honneur que je tiens à garder quand je conseille un client. J’ai souvent eu raison, des clients sont parfois revenus avec courage me l’avouer, mais entre temps d’autres s’étaient mis l’argent de leur budget dans les poches... Déontologiquement je reste vierge, mais quand il s’agit de sortir le chéquier de l’entreprise pour payer les charges on se dit que ça fait une belle jambe !

L’honneur, la vérité, toutes ces valeurs ne se mangent pas en salade et ne payent pas le loyer.

Microsoft, comme Adobe, ne sont pas des enfants de chœurs, ce sont des règles qu’ils connaissent parfaitement. Et plutôt que de se perdre à expliquer que rien ne peut remplacer Flash ou Silverlight, ils ont abdiqué.

Peut-on leur en vouloir de faire preuve de réalisme ? Difficile. Même si certains amoureux de l’un ou de l’autre de ces plugins se sentent aujourd’hui abandonnés, sacrifiés, voire trahis.

La lucidité impose de se rendre compte que l’assassinat commit par Steve Jobs est irrémédiable, irréparable. Ses conséquences sont immenses, comme tout assassinat. Mais il faut vivre avec et s’adapter à un monde qui change.

Avant la mort d’une personne tout reste possible, se dire des choses, construire un futur, s’aimer, se détester, s'expliquer. Après la mort de cette personne tout se fige en l’état. Et pour ceux qui survivent un monde différent émerge, un monde qui ne sera jamais plus “comme avant”, mais un monde plein de vie, de potentiel et d’espoir aussi.

La mort d’un rêve c’est la même chose. Une fois le deuil accepté, il faut penser à la reconstruction. A nouveau sourire, à nouveau se projeter dans le futur, à nouveau espérer, à nouveau conquérir d’autres espaces.

C’est pourquoi notamment Microsoft a décidé de faire un grand “shift”.

Le fantasme de l’horizontalité par le biais des plugins est mort. Rien ne sert de pleurer. Nous connaissons le nom de l’assassin, il est mort lui aussi, passons à autre chose.

Realpolitik !

C’est donc en toute logique et en toute lucidité que Microsoft a déplacé sa stratégie. Et il faut saluer ce réalisme.

C’est de la Realpolitik comme diraient nos voisins teutons.

La realpolitik (de l'allemand : politique réaliste) désigne « la politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l'intérêt national »

Microsoft a donc choisi, comme Adobe, de laisser tomber le rêve de l’horizontalité. Aujourd’hui si vous voulez développer une application cross-plateforme, traversant horizontalement tous les OS, l’écho de la voix de Jobs vient vous dire d’outre-tombe “faites du Html 5”.

Tout le monde sait bien que Html n’a jamais été implémenté de façon identique par les browsers, tout le monde sait que Html 5 en faisant exploser le nombre de balises et leurs interprétations possibles, il n’y vraiment aucune chance qu’une application soit réellement portable facilement d’un browser à l’autre. Encore moins qu’avant.

Tout le monde a conscience que Html 5 n’arrivera pas demain à la cheville de ce que savent faire Flash et Silverlight depuis hier.

Tout le monde sait que pour en arriver au niveau de Silverlight 5 il faudra certainement 10 ans à Html et 20 ans aux browsers pour qu’enfin ils implémentent un noyau commun stable permettant un niveau de portabilité aussi transparent que ne l’offrent Silverlight depuis des années.

Non content d’avoir tué un rêve, Jobs a fait perdre 20 ans de progrès à l’informatique.

Mais cela tout le monde n’est pas prêt à l’entendre et encore moins à le penser. Le buzz Html 5 est encore trop fort. Normal, on parle de quelque chose de virtuel pour l’instant.

Mais Html 5 dans la bouche des informaticiens et des médias c’est comme les filles et les motos dans la bouche des garçons de 15 ans, ils n’ont touché ni l’une ni l’autre mais ne parlent que de ça ... Il faudra attendre que tout ce petit monde murisse, que les premières désillusions éclatent au grand jour pour qu’enfin cesse le diktat du tout Html 5.

D’ici là, Microsoft, avec raison, aura “shifté” !

Trop compliqué d’expliquer. Et puis oser parler franchement des faiblesses de Html 5 aujourd’hui c’est forcément devenir une cible de tous les fanatiques de la planète, passer pour un aigri, un jaloux, pire un hasbeen s’accrochant au passé.

Bien entendu Microsoft ne tient pas à être classé dans ces catégories !

C’est pourquoi ils agissent sur deux axes en même temps :

  • Clamer haut et fort “vive Html 5 pour le cross-plateforme” !
  • Préparer avec vigueur l’avènement de la verticalité avec Windows 8

 

Clamer haut et fort les mérites des Html 5 pour le cross-plateforme est une stratégie très intelligente. Elle en fait hurler certains mais parce qu'ils n’ont pas compris que les dés étaient jetés. Jobs a tué le rêve du plugin universel, c’est fait, c’est fini, il faut se rentrer cela dans le crâne. {Nota: Il faudra des années, des échecs et de nouveaux plans pour que MS propose Xamarin.Forms puis Maui}

Donc clamer les vertus de Html 5 pour l’horizontalité n’est pas une traitrise, juste de la lucidité. Certes Html 5 n’est pas encore clairement définie, et cette norme ne le sera peut-être jamais d’ailleurs (certains veulent arrêter de numéroter les versions de Html pour en faire un projet en perpétuel évolution), certes les outils sont à la traine, certes les browsers n’implémenteront jamais la “norme” de la même façon, certes, certes... Mais il n’y a rien d’autre !!! Le cross-plateforme passera forcément par Html 5. C’est comme ça. Rien ne sert de se lamenter. {Nota: et il aura bien fallu plus de 10 ans pour que MS s'en remette en propose des solutions cross-plateforme natives}

Toute la question est en réalité de savoir si le cross-plateforme, ce vieux fantasme, n’est tout simplement pas qu’un simple fantasme sans réel fondement... Le Web est “cross-plateforme” depuis toujours. Html 5 ne changera donc rien à cela. Et quand aux applications, à supposer que Html 5 le permettent, imaginez-vous un logiciel médical, un système de montage vidéo professionnel ou autre logiciel de ce type écrit en Html et en JavaScript ? Non bien sûr, HTML est un leurre, un cul de sac. Mais les désillusions viendront bien assez vite, les rêveurs se réveilleront un jour...

Mais la verticalité alors c’est quoi dans tout ça ?

Windows 8 : la verticalité

Le rêve “on est tous des frères et nos programmes marcheront partout” est cuit pour les plugins.

Microsoft n’a aucun intérêt réel dans Html qui ne lui appartient pas. Internet Explorer est diffusé gratuitement, aucun bénéfice à en attendre. Les outils de développements existent tous en versions gratuites très performantes. Tout cela coute de l’argent à Microsoft, pas mal, et ne rapporte et ne rapportera jamais rien. Il faut en avoir conscience.

Si Microsoft clame les vertus de Html 5 pour le cross-plateforme c’est qu’il n’y a plus d’autres choix pour ce besoin particulier. Ils se contentent donc de brosser les buzzeurs dans le sens du poil pour faire djeuns et dans le vent, ce qui est toujours bon pour l’image, cela ne coute rien... Surtout lorsqu'on n'a pas le choix ! A défaut d'en être les maître feignons d'en être les instigateurs disait le sage...

En revanche Microsoft prépare sa riposte d’une autre façon : la verticalité.

L’éditeur a déjà sorti, très tardivement, Windows Phone 7, mais cela n’a pas bien marché. Le renouveau avec Nokia s’annonce déjà plus prometteur. Mais WP7 est un OS spécifique. Qui n’a aucune liaison ni portabilité avec Windows.

De plus Microsoft est absent du monde des tablettes, un marché très porteur.

Ils auraient pu faire comme Apple ou Google et réutiliser l’OS des téléphones pour proposer rapidement des tablettes.

Mais le lien avec Windows aurait, une fois encore, été perdu.

Et on sait que les revenus de Microsoft se font sur Windows et sur Office.

Le grand “shift”, la big stratégie qui se cache derrière tout cela devient claire : de l’horizontalité (qui ne rapportait rien, Silverlight étant gratuit) on passe à la verticalité : Un seul et même OS du PC de bureau au Smartphone en passant par les tablettes : Windows.

Le cross-plateforme à la sauce Windows

Ce n’est plus un plugin qui ne rapporte rien qui sert à faire un programme unique portable sur toutes les machines, c’est l’OS lui-même qui est portable sur les trois types de machines : PC, Tablettes, Smartphone.

Elle est là l’astuce.

Au lieu de traverser horizontalement les différents OS pour faire marcher des applications sur tablettes ou Smartphones, Microsoft nous propose un OS unifié qui fonctionne sur tous ces supports.

De fait, les applications WinRT seront cross-plateformes : elles seront utilisables sur PC, Tablettes et Smartphone.

Et pour ceux qui veulent à tout prix que leur appli fonctionne sur un Mac ou sous Linux, c’est à dire des marchés totalement ridicules en termes d’acheteurs potentiels, ils n’auront qu’à utiliser Html 5 comme le grand gourou Jobs leur a dit... Et bonne chance les gars !

(Re) back to the 80’s

Tout cela est bien joli. On comprend mieux ce qui se passe depuis quelques mois. On comprend mieux le pourquoi du comment et, je l’espère, vous commencez à y voir plus clair sur l’avenir de Silverlight.

Car ce dernier a un avenir : il va être le seul moyen de déployer une application sous Windows 8 via le Web sans passer par le market place, ses tests, ses redevances et ses 30% piqués à chaque vente...

C’est pour cela que Silverlight 5 comporte de nombreuses nouveauté bizarrement utilisables uniquement sous Windows.

On se détache progressivement du rêve horizontal et des 2% de part de marché que représentent les Mac... (celles de l’Iphone sont à jamais inaccessibles, rappelez-vous...).

Et quand WinRT sera totalement accepté, et que Microsoft aura peut-être ouvert une porte évitant de passer par un système payant (le market place), il est fort probable que Silverlight tire définitivement sa révérence. Mais cela est spéculation. Nous sommes obligés d’attendre pour voir. Personne ne peut lire le futur.

Ce dont nous sommes certains c’est que WinRT va devenir l’outil cross-plateforme de Microsoft, via un Windows 8 qui tournera sur toutes les plateformes justement. Pas celles des concurrents, Microsoft s’en fiche, comme s’en fichent Google et Apple.

C’est un repli sur soi-même, un retour aux fondamentaux : vendre sa marque et tenter de conquérir le monde avec elle.

L’avenir se présente ainsi pire que dans les années 80 où le délicat choix de développer pour Mac ou PC se posait.

L’avenir que nous a offert Steve Jobs est celui de trois blocs. Le retour de la guerre froide, comme si demain l’URSS refaisait surface et qu’on demande à chaque pays dans le monde de choisir son camp. Ami ou ennemi ?

Le lègue de Jobs est un monde déchiré, atomisé, l’anéantissement d’un rêve d’universalité.

Demain vont se dresser trois blocs : Microsoft, Apple et Google.

Chaque développeur devra choisir son camp. Ses alliés et ses ennemis.

Si tu développes pour Google, ne crois pas pouvoir porter ton appli sur IOS ! Et si tu travailles sous WinRT ne crois pas un instant pouvoir faire tourner tes softs sur Android. Il faut choisir camarade !

Le faux baba cool de Jobs aura créé un monde de haine et de division, en tout cas il aura participé à rendre ce monde plus haineux et plus divisé qu’il ne l’était avant ses géniales interventions dans le monde de la micro-informatique...

Trois blocs, trois visions du monde

  • Le bloc Apple, la dictature très fermée au monde extérieur, te propose un OS pour les tablettes et les téléphones, et un autre pour les Mac. A toi de voir. Les outils de développements ne sont pas terribles, les règles sont très dures, tu ne seras jamais riche, l’Apple Store lui le sera, tu travailleras à la gloire de la marque.
  • Le bloc Google, grand sourire aux lèvres massue planquée dans le dos, te propose le rêve du cloud, pas d’OS, toutes tes données confidentielles dans leurs serveurs à eux. C’est gratuit, mais tu es leur chose, ils scannent tes mails et demain ton agenda, ta borne wifi, pour mieux te gaver de pub. Aies confiansssssssssss.... Comme disait le serpent du Livre de la Jungle. Ou celui qui pervertit Eve.
  • Le bloc Microsoft te propose un OS, Windows 8, qui marche sur toutes les machines. WinRT qui accepte que tu ne sois pas un fan de Xaml et C# et qui te permet de développer en natif même avec des saletés comme Html et JavaScript, si ce n’est pas de la grandeur d’âme ça ! Bien sûr il faudra payer ta dime au market place. Il faut bien que tout le monde vive...

 

Voici les trois blocs entre lesquels demain il va te falloir choisir camarade !

Windows 8 : Avantage cohérence ?

Lorsqu’on y regarde de plus près, Microsoft répond très tardivement à tous ces bouleversements que sont les tablettes et les Smartphones, l’évolution du Web.

C’est vrai qu’ils se sont laissés débordés, ils l’avouent d’ailleurs.

Mais finalement leur solution semble la plus cohérente et la plus novatrice.

Android par exemple ne propose qu’une pâle copie de Windows pour son OS tablette et téléphone : des icônes, des bureaux avec des icônes. C’est rassurant, ça ressemble à du vieux Windows.

Mais Microsoft avec Windows Phone 7, Windows 8 et Metro Style est le premier éditeur à proposer quelque chose d’autre, de plus novateur. Enfin on sort du système d’icônes et de la copie du bureau Windows qui date de ... tellement longtemps.

Avec Windows 8 sur PC et Tablettes, et bientôt assurément sur téléphones, Microsoft proposera un tout cohérent, sur les toutes les plateformes.

Bien sûr rien ne sera tout rose. Par exemple WinRT ne saurait être utilisé par de nombreux logiciels qui ne peuvent se satisfaire d’un mode sandboxé, et d’autres part nombres d’éditeurs refuseront d’abandonner du jour au lendemain 30% de leurs revenus au market place. C’est pourquoi Silverlight 5, ou même WPF 4.5 qui utilisent le bureau “classique” de Windows 8 auront de beaux jours devant eux.

Mais pour écrire un logiciel pour PC, Tablette et vraisemblablement pour téléphone, WinRT va vite s’imposer. Réexploitant habilement tout ce qu’il y a de bon dans .NET, à commencer par les API et les langages (Xaml, C#, VB...), WinRT permettra à une application d’être présente dans le monde entier sur tous les supports.

Oui mais ceux qui fonctionneront sous Windows.

Conclusion

La guerre des trois blocs ne fait que commencer !

Petit soldat développeur, Directeur informatique, Chef de projet, il va te falloir faire un choix. Windows, Google ou Apple.

Oublie tout de suite Html 5, tu gagneras du temps.

Pense sérieusement à de vraies applications. Quelle base installée et quelle base future seront les plus porteuses pour tes créations ?

Tu vois, tu commences à ressentir la grande angoisse des anciens, celle dont je te parlais en introduction, celle du choix qui s’offrait à nous dans les années 80, mais comme tout s’améliore avec le temps, tes choix à toi seront encore plus difficile à faire !

Merci Steve Jobs !

Et ... Stay Tuned camarade informaticien !

{Nota: L'avenir montrera que les éditeurs de softs pour PC n'ayant pas l'habitude de se faire prendre pour des dindes refuseront de se faire tondre par le market place Microsoft et que les logiciels Windows resteront développés majoritairement sous Windows Forms ! Très peu sous WPF, jugé trop complexe (à tort), et encore moins sous UWP pour la raison du Store... Mais l'histoire se terminera bien une fois la direction de MS changée, et on retrouvera dans les Xamarin.Forms puis dans Maui le rêve d'universalité horizontale, car plus d'une décade aura passé et que la technologie permettra de compiler du natif pour iOS, Android, PC, Linux etc depuis Visual Studio. La fin de l'histoire est une happy end, mais lorsqu'on perd plus de 10 ans heureusement qu'on bénéficie aussi de plus de 10 ans de progrès technologiques pour rattraper le temps perdu !}

Commentaires (28) -

  • Olivier

    30/11/2011 13:03:09 | Répondre

    Suite à l'attaque de Dot.Blog ayant visé ce billet, tous les commentaires laissés ont été perdus...
    Désolé pour ce désagrément.

    Vous pouvez toujours reposter bien entendu !

  • John

    30/11/2011 14:06:40 | Répondre

    Il y en a qui n'ont pas aimé ta description de Jobs ou quoi ? Wink

  • Paslatek

    30/11/2011 14:32:04 | Répondre

    Comme on dit, y a que la vérité qui fâche !
    En tout cas merci pour cette vision "rafraichissante"....

  • Olivier

    30/11/2011 14:51:32 | Répondre

    Merci de votre soutien.
    Une attaque étrange juste sur ce billet...
    C'est pas grave, cela m'a donné l'occasion de resserer quelques boulons et mettre en place une extension de redirection pour renvoyer l'ancienne adresse sur celle du nouveau billet.

    "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort" disait Nietztch Smile

  • hka

    30/11/2011 15:36:48 | Répondre

    Olivier : Secoueur de Pommiers Smile

    BRAVOoo et tiens bon !

  • pascal

    30/11/2011 18:37:35 | Répondre

    Trop bon l'article , encore une chance que Microsoft à des personnes comme toi pour communiquer à leur place ,car leur stratégie de communication n'est pas ce qu’il font de mieux pour l’instant.

    Garder le silence trop longtemps n'est jamais bon, leur communauté de développeurs est en colère et  là je pense qu'il vont y laisser des plumes.

    Le html5 je m'en fou , par contre stop au JavaScript !!! , même Google l'a compris.

    Ah si le C# pouvait remplacer JavaScript quel bonheur.

    En ce qui me concerne j’arrête Silverlight à tort peut être , donc plus de web pour moi jamais je ne ferais de JavaScript .


  • Mathieu

    30/11/2011 22:38:32 | Répondre

    Comme d'habitude, criant de vérité ! Smile

  • Olivier

    01/12/2011 00:20:32 | Répondre

    @Pascal: Attention à ne pas se faire harakiri trop vite non plus Smile
    C'est l'universalité des plugins comme SL ou Flash qui est un rêve avorté.
    En tant qu'outils de dev pour Windows, et même Web pour de nombreuses applis (et pas seulement le LOB en intranet), SL reste utilisable encore longtemps.
    D'ailleurs SL 5 va sortir d'ici peu et MS n'a absolument pas annoncé l'arrêt du produit.
    S'ils voulaient tuer SL ils l'auraient fait depuis longtemps notamment en ne perdant pas d'argent à faire la version 5 qui les oblige à un support d'un an minimum.
    C'est très ambigue et pas facile à piger comme positionnement. Mais ce n'est que l'universalité de SL sur les unités mobiles qui est cuit.
    Cela donne forcément un petit coup d'arrêt au produit car tout le monde ne jure plus que par le Web et au moins les tablettes vont compter beaucoup en visiteurs potentiels.
    Mais il y a tous les jours dans le monde des millions de logiciels purement Windows qui sont vendus, et ce marché grandit en nombre tous les ans...
    Donc même si SL n'était plus utilisable que sous Windows dans 2 ou 3 ans (SL 5 marche toujours sur Mac comme les version précédentes donc on parle ici d'un version 6 qui ne serait que Windows ce qui est totalement de la pure SF pour l'instant) cela représente tout de même un sacré marché potentiel !
    C'est vrai pour WinRT et c'est tout le discours commercial de MS au Build, mais si c'est vrai pour WinRT, c'est encore plus vrai pour SL qui n'a pas besoin d'un Windows 8 pour tourner et fonctionne sur toutes les machines Windows en activité.

    Donc pas de harakiri tout de suite, range ton sabre Smile

  • Franck

    01/12/2011 08:49:37 | Répondre

    Sympa la vision.
    Quand tu dis SL utilisable sous windows, pourquoi pas WPF ?
    Du coup, pourquoi garder SL et faire une version 5 ?

  • cafetux

    01/12/2011 09:26:58 | Répondre

    Lecteur régulier, ce n'est pas le coté 'provoc' mais plutôt l'aspect 'raccourcis' qui me titille.
    en ce qui me concerne:

    - malgré la politique intrusive de google, leurs technos de développement sont solides,agréables et extrêmement bien documenté: c'est pensé pour développeurs et on se laisse facilement corrompre.

    - On a beaucoup buzzé autour de Flash et d'Apple qui ne le supporte pas sur ces produits mais on ne parle jamais de Air,qui est actuellement le seul langage multiplateforme pour les applis smartphone (y comprit sur Iphone).Donc ce n'est pas finit pour Adobe.

    Mais bon les comparatifs SL/Flash/(GWT) sont souvent très orientés et peu objectifs.
    Cependant ce blog deviens vraiment très caustique pour un représentant d'une technologie qui a du mal à se trouver.
    MS a son lot de casseroles lui aussi et personnellement j'ai arrêter d'investir sur ces technos mais sans pour autant les diaboliser.

    stay tuned oui mais stay open minded aussi Wink

    un développeur java mais curieux (et qui ne comprend pas non plus les apple-fan Smile )

  • Phobias

    01/12/2011 14:19:30 | Répondre

    Votre vision de l'avenir n'augure rien de bon.
    J'espère de tout cœur que vous vous trompez même si votre analyse semble tout à fait justifiée et cohérente concernant HTML5.

    Je pense qu'il ne faut pas perdre de vue qu'avec la mort de Steve Jobs et de son inflexibilité, la politique commerciale d'Apple risque de changer.
    Leur dernière keynote (bancale) a prouvé qu'Apple a perdu énormément de son image de marque même si les ventes d'iPhone 4S tendent à prouver le contraire.

    La prochaine grande annonce de leur part sera la fusion d'iOS et Mac OSX donc rien n'est figé et l'hégémonie des plugins peut revenir très vite en complément des solutions HTML5 de même que les 3 clans pourraient encore se rapprocher.

    D'ailleurs, pour le moment, je ne me sers de Silverlight que dans son contexte le plus basique en tant que plugin intégré à une page web.

    Je travaille donc avec le couple
    ASP.net / HTML5 + CSS3 / Silverlight

    A noter que dans cet article je ne vois aucune mention d'ASP.net ; s'agit-il d'un produit mort et enterré ?

    Windows 8 bien que cohérent dans sa démarche pourrait très bien ne pas marcher. Microsoft n'a pas réussi à s'imposer avec Win Mobile 7, je ne vois pas pourquoi il réussirait sur tablette avec pour seule interface : Metro.

    Encore une fois rien n'est figé et la 3ème guerre mondiale pourrait bien être celle de l'information et des OS...

  • Olivier

    01/12/2011 15:22:55 | Répondre

    @Cafetux: Le problème n'était pas ici de savoir si MS traine des casseroles ou non, MS n'est pas parfait. Mais peut-on reprocher à qui que ce soit ne pas être parfait alors même que la perfection n'existe pas...

    le débat ici est d'aider à comprendre le sens de l'histoire, notamment en direction de tous ceux qui utilisent les produits MS et surtout Silverlight.

    Je ne ciblais pas les développeurs Java dans ce billet, ni même ne souhaitais entrer dans un comparatif de languages ou autre qui finit toujours en troll...

    La plateforme .NET est un espace de développement ultra riche et ultra cohérent. La majorité des développeurs .NET ont fait du C++, du Java ou autre avant de passer à .NET. S'ils ne souhaitent pas changer il y a en effet deux possibilités, soit ils n'ont pas l'esprit ouvert, soit c'est que .NET et tous ses outils (Visual Studio, Expression Blend, etc) sont tellement bien en comparaison avec les autres environnements qu'ils n'ont pas envie de changer...

    Laisse moi penser que tous les développeurs .NET ne sont pas des idiots à l'esprit fermés, et que leur attachement à C#, à Xaml, à VS, Blend etc, est un choix simplement éclairé et professionnellement fondé Smile

    Henri Broch disait "avoir l'esprit ouvert ne signifie pas l'avoir béant".

    Il faut savoir regarder ailleurs, mais comme tous les .NETistes viennent déjà d'ailleurs, ils savent ce qu'ils perdraient à changer.

    Ce billet est fait pour donner un éclairage différent, une lecture nouvelle des évènements actuels pour bien préparer l'avenir dans le monde MS pour des gens qui utilisent les outils MS.

    Pour les autres, je ne suis pas certain que cela puisse les aider. Quoi que, quand Windows 8 sera généralisé sur toutes les nouvelles machines et que WinRT règnera sur les PC, les tablettes et les Smartphones, quel langage et quels outils choisiront les développeurs Java ?
    Mais là, je ne ferai aucune prévision, peut-être peux-tu nous éclairer.
    Avoir l'esprit ouvert c'est surtout savoir écouter les autres souvent !

  • Olivier

    01/12/2011 15:44:46 | Répondre

    @Phobias: je ne peux rien contredire de ce que vous dites car il s'agit uniquement de spéculations. Ce que vous dites est parfaitement possible comme mille autres possibles. Il m'est donc difficile d'agréer ou de contredire.

    Windows 8 peut être un échec comme Vista, pourquoi pas, même si je ne le pense pas. Mais cela est impossible à savoir, même si les signes d'une adoption assez massive de cet OS semblent se confirmer.
    Le retour des plugins est bien entendu aussi une possibilité. Windows 8 peut avoir une pénétration médiane, sans être un échec ni un franc succès, les déboires avec Htlm 5 finiront par briser la pensée unique de l'instant, Apple pourrait infléchir sa politique, et du coup les plugins pourraient très bien connaître une nouvelle jeunesse.
    Mais je ne vois pas conseiller mes clients sur des bases aussi mouvantes...

    J'ai essayé ici de ne pas entrer dans le jeu des spéculations car en ce qui concerne l'avenir de SL partout on ne peut lire que des spéculations et cela n'apprend rien. On peut s'amuser à balayer tous les possibles on ne saura pas mieux comment agir maintenant.

    j'ai essayé de proposer une explication du passé et du présent avant toute chose pour que les développeurs Silverlight sortent justement de ce jeu des spéculations.

    En prenant de la hauteur, en replaçant l'histoire de SL dans un contexte plus large je pense qu'on a une vision meilleure de la stratégie actuelle de MS.

    Je ne spécule pas, j'explique cette stratégie. Cela ne veut pas dire qu'elle va marcher ou échouer, je n'en sais rien et personne ne le sais.

    Le problème des developpeurs qui font du SL c'est qu'ils ne comprennent rien à ce que fait MS en ce moment.

    Ma seule prétention ici est de fournir une explication sur ce point précis.

    Ce que sera l'avenir en "réalité", je ne suis pas Mme Irma, et personne ne l'est. Spéculer est distrayant, mais avant même de se tenter à cet excercice de divination il faut au minimum comprendre le passé et le présent.

    j'ai juste tenté de lever une partie du brouillard sur ce passé et ce présent.

    Libre ensuite à chacun d'envisager tous les futurs possibles ! Smile

    Pour répondre à la question sur ASP.NET, ce n'était pas le sujet du billet, mais je crois très fortement en l'avenir de cette plateforme. Elle permet depuis longtemps d'écrire des applications cross OS, portables, en Html, tout en bénéficiant de la puissance de .NET, ses langages et ses outils.
    J'ai été un grand fan de ASP.NET jusqu'à la sortie de WPF puis de SL vers lesquels j'ai préféré m'orienter (car on ne peut prétendre être expert de tout à la fois).

    Html 5 n'est qu'un buzz, le développement cross plateforme existe depuis longtemps avec Html et des outils même comme Php (que je déteste mais c'est une autre affaire!) et bien sur comme ASP.NET.

    Les dernières versions de ASP.NET MVC sont particulièrement séduisantes. Et pour faire du développement cross plateforme c'est un produit d'avenir j'en suis convaincu (personne ne pense sérieusement écrire tout à la main un site en html 5 avec le bloc note...). ASP.NET a le gros avantage de se moquer de la version de Html utilisée pour l'interface, c'était une solution parfaite pour html 3 ou 4, parfaite si on ajoute Ajax, elle sera parfaite aussi pour utiliser les nouveautés de Html 5.

    Le nombre des sites fait en ASP.NET est impressionnant et cette technologie est faite pour durer dans un monde où le Web a une telle importance et où seul Html peut prétendre à l'universalité (sous réserve des implémentations très variées des browsers qui gachent ce bel idéal tout de même).

    La seule différence entre ASP.NET et Silverlight, c'est que ASP.NET c'est justement de l'Html, alors que SL c'est du Xaml. Deux approches différentes, deux philosophies différentes et surtout demain deux cibles différentes : ASP.NET pour faire du dev Html cross OS, C#/Xaml sous le nom Silvelight ou WinRT pour faire du cross plateforme Windows 8.

    Mais déjà on entre dans la spéculation...

  • Anonyme

    01/12/2011 16:43:32 | Répondre

    N'oubliez pas la XBOX.  C'est l'appareil que ni Apple ni Google ont et qui font partie de la stratégie.

  • Olivier

    02/12/2011 03:57:07 | Répondre

    @Anonyme: C'est un fait, la Xbox est un morceau du puzzle sur lequel MS devrait s'appuyer dans le futur. On le voit bien avec WP7 qui fait tourner les jeux XNA ou encore au travers de la Kinect 2 qui saura lire les lèvres et interpréter les émotions.
    Reste à savoir si WinRT sera porté sous Xbox, certains le pensent comme d'autres pensaient uniquement à Silverlight.
    je pencherais personnellement pour WinRT en raison du market place qui permettrait de vendre des softs et éventuellement des services.
    Le tout avec les projets de TV connectée.

    MS a beaucoup de bonnes choses dans sa hôte, il faut juste qu'ils mettent tout ça en ordre de marche avec une stratégie cohérente et lisible pour les développeurs.

  • Remish

    02/12/2011 07:56:59 | Répondre

    et du coup ma remarque sur la mort de Flahs par Google ? qui n'indexe pas le contenu Flash et donc de facto empeche les site "full" flash ? cette remarque/question aussi elle est passée à la trappe ?

  • PG

    02/12/2011 09:44:13 | Répondre

    Très bonne analyse, bravo.

  • Olivier

    02/12/2011 13:34:41 | Répondre

    @Remish: hélas oui, bouffée aussi ma réponse à ta question ...
    Merci d'avoir reposer la question. Voici en substance ma réponse :
    Il est faux de dire que Flash n'est pas indexé par Google, c'est une légende urbaine maintenue par les anti Flash.
    Le 30 juin 2008, ça ne date donc pas d'hier,Google annonçait que tout ce qui était textuel dans Flash était désormais indexé.
    Lire l' Official Google Blog : googleblog.blogspot.com/.../...to-crawl-flash.html

    De plus, les applis Flash, tout comme les pages Silverlight, sont contenues dans des pages Html qui peuvent être soigneusement programmées et optimisées pour offrir de quoi être indexées par Google (et les autres).

    La haine de Jobs anti Flash a ensuite beaucoup fait pour que la rumeur de la non indexation reste propagée, en même temps que ce déclin de la suprématie des plugins n'a pas aidé à accélérer les améliorations autour du procédé.

    En tout cas, c'est faux, Flash est indexé par Google. Et ce depuis 2008. On ne peut donc absolument pas essayer de laver Steve Jobs de sa responsabilité qui reste totale dans l'affaire traitée par ce billet !

  • rai

    08/12/2011 20:35:53 | Répondre

    Et pdt ce temps la les universités s'obstinent à  enseigner Java et former les étudiants à Eclipse etc...

  • Olivier

    09/12/2011 13:37:21 | Répondre

    Il est vrai que l'école, en général, même les Facs, sont animés par des ... profs. Et ce qui caractérise un prof très souvent c'est justement d'être coupé de la réalité du monde parce qu'il vit en vase fermé avec d'autres profs dans un milieu de profs.
    Certains font des efforts et enseignent aussi C#, je suis même intervenu dans plusieurs écoles d'informatique pour présenter C#. Mais il s'agissait d'écoles privées. Je n'ai jamais eu de telles demandes de la part de Facs ou d'écoles publiques.
    L'enseignement en informatique devrait se faire de façon plus proche de la réalité, plus proche des besoins des entreprises. Hélas cela demande une réactivité totalement inconnue dans le monde de l'éducation...

  • Seb

    18/12/2011 19:21:41 | Répondre

    Je suis souvent d'accord avec vous.

    Je suis actuellement confronté à ces choix, comme beaucoup de personnes.

    En ce moment la question que l'on me pose concerne le multi plateforme sur mobile
    Adobe avec Flex persiste dans le cross platform. Pensez-vous que leur solution est viable et efficace ?

  • Olivier

    18/12/2011 23:18:06 | Répondre

    @Sebastien: Le problème d'Adobe c'est qu'on sait ce qu'ils vont faire : abandonner Flash. Si on se questionne sur Silverlight, Adobe a au contraire de MS été très clair en proclamant l'arrêt de Flash sur les mobiles et en martelant du "html 5" tout au long de leurs dernières grandes conférences.
    Comme je le disais il y a un moment, Silverlight peut se reposer sur les entreprises qui utilisent déjà .NET et préfèrent des solutions cohérentes sans grosse formation supplémentaire, Windows Phone utilise SL, etc, alors que Adobe ne dispose en aucun cas d'une telle base aussi solide. Si la mode passe, Flash disparaît sans autre forme de procès... Et quand on regarde le petit monde des flasheurs, il est en pleine ébullition, pire que celui de SL ! Ils ne savent plus sur quel pied danser.
    L'annonce très claire d'Adobe de l'arrêt de Flash sur les mobiles simplifie grandement le choix en fait... Bien entendu Adobe à d'autres solutions, mais dans ce cas on peut aussi parler de MonoDroid ou MonoTouch dans le monde C#. Tout cela est assez anecdotique et on ne peut raisonnablement faire reposer une stratégie à moyen et long termes sur ces solutions, en tout cas aujourd'hui.
    Il faut de plus prendre le problème par le bon bout : du vrai cross-plateforme pour les mobiles en natif ça n'existe pas vraiment. Chaque OS a ses propres langages et outils totalement incompatibles entre eux... Et gare à bien respecter les critères de la plateforme choisie pour passer les tests avant d'aller dans le market place...
    Donc personnellement je serai assez pour suivre la logique de Microsoft qui, à défaut de faire plaisir aux Silverlight boys, a l'avantage d'être réaliste : Utiliser Html pour le cross plateforme.
    C'est volontairement que je ne dis pas "html 5".
    Car cette histoire c'est la poule qui découvre un oeuf... Depuis sa création, Html est par définition cross plateforme. Et hier encore, le seul moyen d'avoir une "application" qui passe partout c'était de faire ... une page web !
    Maintenant, avec le parc de machines actuel, faire du Html 5 n'est pas raisonnable.
    Pourquoi viser des choses trop modernes que beaucoup de gens ne pourront pas accéder.
    Il faut suivre Html 3 ou 4 avec de l'Ajax par exemple.
    Et pour continuer à faire tout cela avec les mêmes connaissances de base je préconise fortement d'utiliser ASP.NET.
    On a la chance que le style Metro soit très minimaliste. Pas besoin de fioritures animées dans un canvas Html 5 pour faire une belle appli bien lookée qui sera cross plateforme et à la mode actuelle.
    Entre portabilité et sophistication de l'UI il y a forcément un choix un faire. Je préfère de loin Silverlight, et pour un moment encore.
    Mais si on doit viser la portabilité sur mobile sans vouloir prendre de gros risques ni sans y laisser un budget énorme, alors la solution ASP.NET est la plus fiable, la plus éprouvée et la plus agréable à utiliser pour qui aime Visual Studio.

    Mais soyons clair, ce genre d'application n'a rien à voir avec un développement natif. Pas d'installation sur le mobile, nécessité d'un gros serveur (même plusieurs), etc.
    Hélas, pour développer pour IOS il faut utiliser les outils Apple, pour Android ceux de Google et pour WP7 Silverlight. Trois mondes qui par la volonté de Jobs ne se rencontreront plus jamais faute de la possibilité d'avoir des plugins eux mêmes cross plateformes.
    Silverlight et Flash auraient pu être cette solution universelle. Techniquement c'est le cas. Mais la volonté d'un enragé aura suffit à mettre tout par terre. Trois OS principaux, trois plateformes et rien de commun pour faire du natif.

    C'est dur de savoir qu'on peut techniquement répondre à ce besoin évident et de se dire que par  la volonté d'une seule personne sur terre cela ne se fera pas, même mort, Jobs nous em***** encore ! Frustrant.

  • seb

    19/12/2011 11:56:47 | Répondre

    On est d'accord sur le fait que Jobs a signé l'arrêt de mort des plugins et dons les possibilités offertes par Silverlight ou Flex.

    Actuellement, les clients que je rencontrent recherche la portabilité entre toutes les plate formes mobiles.
    Le choix de Microsoft de devenir multi-supports mais avec que ces produits pourraient être intéressant si ils étaient compétitifs sur les 3 suuports (PC, tablette, smartphone).
    Or sur Smartphone, le système est encore jeune et ce n'est pas du tout le réflexe des clients de demander une application mobile sur Windows Phone; et sur tablette, ils sont inexistants.

    Actuellement, la question est souvent : j'ai un besoin en mobilité donc je vais faire une application pour Android ou IOS. Cela serait bien si je pouvais développer une seule application pour les 2. On ne me parle jamais de Windows Phone.

    Et dans ce cas je vois arrivé le commercial de solutions Adobe qui indique que Air permet de compiler pour la plateforme que l'on veut avec le même code source. et si il y a besoin d'accéder à des fonctionnalités propre à la plateforme, il y a les extensions natives qui le permettent. Vous développez une fois et à la fin vous avez juste à sélectionner la cible dans une liste déroulante.
    Bref, on voit les yeux du client qui brillent en pensant avoir trouvé la solution aux développement multi-plateformes sur mobile.

    Et je dois dire que contre cela je ne sais pas quoi répondre, car je n'ai pas encore eu l'occasion de tester cette possibilité et de me faire une idée.

    Dans ce cas, nous ne parlons pas du match Silverlight/Flex qui sont basés sur des plugins, mais bien de Silverlight OOB/Air.
    Sachant que Air propose une compilation différentes alors que Silverlight ne permet pas cette fonctionnalités pour attaquer les Markets IOS et Android.

  • Olivier

    19/12/2011 13:56:56 | Répondre

    @sebastien: Air semble en effet adapté à cette double compilation. D'un autre côté Adobe a fait la même chose que MS lors de ses dernières conférences en ne parlant que de Html 5.
    Ils ont abandonné officiellement FLash sur mobile.
    Et ils sont en train de pousser un nouvel environnement dans ce sens.
    Je ne sais pas si cela en fait un partenaire plus clair sur le futur que MS.
    Maintenant il faut être pragmatique : MS ne propose rien pour ce type de développement. MS se trompe en parlant de html 5 cross plateforme car cela n'a rien à voir en effet avec du natif comme SL en OOB ou Air.
    En revanche, pour l'instant au moins, Adobe propose une solution.
    Je suis d'accord que pour tous ceux qui doivent propduire du cross plateforme IOS/Android aujourd'hui (et certainement demain), Air est une solution viable.
    MS ne donne aucun signe de vouloir transformer SL OOB en une sorte de Air compilable sur IOS et Android. C'est une grave erreur stratégique, ou pire de communication s'ils veulent le faire et ne l'annoncent pas.
    A l'heure actuelle le conseil le plus sage semble bien de choisir Air quand on est en plein dans ce besoin cross plateforme IOS/Android.
    Je n'ai pas eu le temps de tester Air depuis longtemps et je ne sais pas quelles sont les déconvenues possibles qu'on rencontre dans ce mode cross-plateforme (vitesse, spécificité de chaque OS, quantité de code à écrire pour le gérer..).
    Reste donc à valider cette solution pour laquelle de toute façon MS ne propose rien en face.
    Le pragmatisme oblige en tout cas à considérer Air comme une issue. C'est dommage pour SL et terrible pour MS qui a les bons produits mais qui prend de mauvaises décisions.
    Ce n'est pas pour rien que le buzz de la reprise de de la direction de MS par Gates fait rage en ce moment (mais absolument pas probable) et que MS arrive à la 3eme place des pires sociétés auprès de ses salariés...
    Ballmer a quelques réussites au palmarès mais ne semble plus être l'homme de la situation.
    Il a prévu de se retirer vers 2017/18, espérons que la lucidité lui fera avancer son calendrier. Sauf si c'est pour pousser des fous furieux comme Sinosfky...
    Reste Air donc...

  • URBAN

    01/02/2012 13:01:41 | Répondre

    En lisant toutes ces lignes, on comprend très vite pourquoi nous Francais ne comptons pas beaucoup et pourquoi les américains nous sont en tous points supérieurs (informatique, Google Microsoft Facebook Apple hp ibm emc etc...)

    Évitez de faire de la stratégie... Cela nous rendra moins ridicule.

  • Olivier

    02/02/2012 13:49:46 | Répondre

    @Urbain: je ne suis sûr d'avoir compris le sens de "évitez de faire de la stratégie".
    Donc difficile de répondre sans peut-être passer à côté de la plaque...
    Les ricains ont des stratégies, ils savent en changer aussi. D'un autre côté le comportement de MS ces temps ci ressemble à celui de sarko : de l'improvisation dans l'urgence.
    Faut-il imiter ce type de "stratégie" ou bien au contraire le fuire ? telle est la question...
    La france a de gros atouts, sont seul handicap depuis le passage à l'euro est d'avoir perdu la main sur 99% de sa politique et 100% de sa politique économique, le tout au profit d'une BCE electron libre qui roule pour l'allemagne en maintenant un euro fort.
    On voit le résultat...
    Les US maitrisent leur monaie et sa valeur sur le marché, ce qui leur permet d'entreprendre.
    Mais quand ils ont besoin d'experts, de spécialistes, ce sont desz frencies qu'ils viennent chercher...

  • Thierry

    11/12/2012 23:49:02 | Répondre

    SL, WCF, WPF, WP, ASP.net, OData, Entity, Linq, TFS and co  me donnent du mal.  Mais c'est toujours avec beaucoup de plaisir grâce à la qualité de la plateforme et à l'éclairage permanent de ressources comme vous en proposez. Ne changez rien, la qualité de vos articles techniques est remarquable, continuez vos billets tranchants... même s'il est vrai que certains propos sont parfois radicalement réducteurs... après tout nous sommes capable de faire la part des choses...

    C'était un petit clin d'œil d'un "horrible prof d'une école publique" qui enseigne C# depuis les débuts de la plateforme .net et qui en 24 ans n'a pratiquement jamais fait deux fois le même cours ;o)

    • Olivier

      12/12/2012 02:19:29 | Répondre

      Toute généralisation peut facilement être contredite par ses exceptions, j'en ai bien conscience Smile

      D'ailleurs si la qualité de l'enseignement peut être discutée, c'est à ceux qui l'organisent qu'en revient la faute et non à ceux qui tentent chaque jour dans des conditions de plus en plus difficiles de transmettre quelque chose.

      Pour en revenir à SL, WCF, WPF et tous leurs amis, il faut admettre que les technologies s'entassent, se bousculent et se percutent, et que même en les pratiquant on est bien obligé d'admettre qu'il est impossible d'être incollable à moins de se spécialiser sur une seule d'entre elles, ce qui n'est guère possible en pratique...

      Mais c'est un plaisir que d'expliquer, le goût d'enseigner, la fierté d'avoir pu mettre même un tout petit peu de lumière dans une grande tâche d'obscurité, est quelque chose que vous devez connaître !


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