Voici un cas intéressant dont je viens de trouver la solution et que je m’empresse de vous communiquer…
Les écrans multitouch ne sont pas encore légion, sauf chez quelques geeks, dont je suis. Ainsi, pour tester dans un mode proche de la réalité les applications Phone 7 en cours de développement (et faute de téléphones de ce type disponible sur le marché pour l’instant) j’ai acquis un écran 22 pouces IIYama multitouch T2250MTS. C’est très sympa, pas très cher et ça marche vraiment bien de base avec Windows 7 sans installer aucun driver (c’est à dire que Windows 7 possède déjà le fameux driver et que brancher l’USB de l’écran sur le PC suffit sans aucun pilote extérieur ni CD d’installation, c’est beau le progrès !).
L’écran est même fourni avec un stylet qui se cache dans le bas de son boitier, ce qui évite les traces de gros doigts graisseux sur l’écran ! :-)
Bref, tout cela fonctionne à merveille et du premier coup. Quand on arrive sur des zones de saisie et qu’on touche l’écran il y a même un petit symbole de clavier qui apparait pour permettre d’ouvrir un grand clavier virtuel, voire le module de reconnaissance d’écriture. On voit que Windows 7 a été conçu pour investir les Tablet PC… Vraiment cool. Seul bémol, sur un écran vertical manipuler les applis avec les doigts à bout de bras c’est vite crevant… Mais ce n’est pas pour cela que j’ai acheté l’écran, c’est pour utiliser l’émulateur de Phone 7 en mode multitouch (car tester une appli pour téléphone touch avec la souris c’est le meilleur moyen de foirer le design, les doigts sont plus gros et moins précis, il faut y penser à la conception !).
Vous allez me dire c’est quoi le rapport avec Silverlight et Internet Explorer ?
C’est tout simple.
Plantage avec Silverlight ?
Silverlight gère le multitouch. Au moment où internet exploreur se lance et affiche l’application quand je suis en debug (sous VS ou Blend) je ne sais pas trop quel niveau de sécurité IE reconnaît (en tout cas pas Intranet local car j’ai abaisser toutes les sécurités à ce niveau et cela n’a rien changé) mais à l’activation du plugin Silverlight IE 8 s’arrête, comme planté.
Impossible de s’en sortir. Il faut aller le shooter depuis les processus de Windows ou bien stopper le debug sous VS ce qui a le même effet.
Sécurité cachée !
Et là, l’oeil averti du chasseur de bug voit passer à toute vitesse comme une petite fenêtre cachée sous IE qui, hélas puisqu’on vient de flinguer IE, disparait sans qu’on puisse la lire…
Il y a donc une question qui est posée, en modal, ce qui bloque IE 8. Il “suffit” donc d’accéder à ce dialogue.
Je n’ai pas réussi. Et si on minimise IE pour que ça ne soit plus qu’un petit carré minuscule, on ne voit pas derrière la fenêtre du dialogue… Elle ne vient donc que quand IE est shooté. Bug…
Problème numéro 1: Identifier cette fichue fenêtre.
Ca passe tellement vite que c’est illisible bien entendu.
Ruse : Utiliser l’enregistreur d’écran livré avec Expression Encoder 3 et enregistrer la vidéo du bug pour faire ensuite un arrêt sur image et lire le texte du dialogue…
Ca ne marche pas au premier essai car ça va vraiment vite. Il faut ruser encore plus en modifiant les réglages d’enregistrement de la vidéo, notamment en passant à 100 images secondes et un débit d’au moins 20.000/s.
Là, on finit par choper sur la vidéo un “fantôme” du dialogue plus ou moins opaque selon la chance qu’on a. Mais on l’a eu ! Et que lit-on ?
“Un site Web veut ouvrir un contenu Web en utilisant ce programme sur votre ordinateur” et en dessous : Nom: Composant de saisie tactile ou avec sty…, Editeur: Microsoft Windows.
Le nom du composant n’est pas complet mais on a compris de ce quoi il s’agit. Silverlight, le plugin, au moment du chargement (car la première instruction de l’appli n’est pas encore atteinte, ce que prouve le debugger) doit forcément inspecter la machine pour savoir s’il y a de la vidéo, du son, et tous les périphériques ou facilités utilisées par le plugin. Parmi celles-ci se trouve vraisemblablement le multitouch et la gestion du stylet.
C’est à ce moment que le fameux dialogue est activé pour me demander si je donne le droit ou non à ce module de s’activer. Normalement on dispose sur ce genre de dialogue d’une case à cocher permettant d’indiquer si on souhaite ne plus voir la question.
Hélas, comme IE 8 semble avoir un léger bug, ce fichu dialogue est totalement incessible, on le voit à peine quand on shoote l’application. Et encore faut-il la ruse de la vidéo pour lire de quoi il s’agit.
Comment autoriser l’application bloquante ?
Second problème alors : comment autoriser le programme en question (la gestion du stylet) alors même que le dialogue et sa case à cocher ne sont pas accessibles ?
Réponse : en plongeant dans les arcanes de la gestion de sécurité de IE 8…
Et là, ce n’est pas de la tarte… J’aime bien IE, mais ce n’est pas d’une grande limpidité dès qu’on aborde ce genre de question.
Je vous fait grâce des multiples recherches sur le Web pour arriver à trouver une réponse utilisable. Que je vais maintenant vous exposer car ça peut servir ! (et pas seulement avec un écran multitouch, je suppose que le bug du dialogue doit se voir dans d’autres cas).
Pour faire simple, IE range dans la registry la liste des programmes ayant des droits faibles ainsi que la règle d’élévation de droit qui doit être appliquée. Comment certaines applications arrivent dans cette première liste, c’est un mystère que je n’ai pas essayé d’éclaircir, ce genre de plomberie en informatique me donnant rapidement la nausée. Donc, il existe dans la registry une première liste, elle se trouve là :
HKEY_LOCAL_MACHINE\SOFTWARE\Microsoft\Internet Explorer\Low Rights\ElevationPolicy\
C’est une liste d’ID, donc de GUID. Il faut la balayer pour lire les clés qui correspondent afin de localiser le programme dont on veut changer les droits. (La registry doit être ouverte en mode administrateur cela va sans dire).
Pour ce qui est du stylet, j’ai fini par trouver le coupable, c’est le programme “wisptis.exe” qui se trouve dans %SystemRoot%\System32. Les clés d’un ID sont AppName, le nom de l’appli, ici celui de l’exe (ce qui ne simplifie pas la recherche vu à quel point le nom n’est pas parlant), AppPath, le chemin que je viens d’indiquer et enfin Policy, un DWord codant l’autorisation.
Vous trouverez des explications ici : http://www.hotline-pc.org/mode-protege.html#
Une fois l’application localisée dans cette première liste on a la moitié de la solution. Changer la Policy à ce niveau ne semble pas avoir d’effet (immédiat en tout cas).
Il faut savoir qu’en réalité, pour l’utilisateur courant, IE stocke une seconde liste, similaire, dans une autre clé de la registry :
HKEY_CURRENT_USER\Software\Microsoft\Internet Explorer\Low Rights\ElevationPolicy
L’astuce consiste donc à créer une nouvelle clé dans cette liste en utilisant le GUID repéré dans la première liste puis de recréer à la main les clés, dont Policy à laquelle on donne une valeur dépendant de ce qu’on cherche à obtenir. Pour la gestion du stylet j’ai mis 3, qui semble donner le maximum de droits.
Je reviens sous VS, je lance mon appli SL, et là, Ô magie… mon appli s’affiche et IE ne pose plus l’infamante question cachée…
Et ça marche !
Problème résolu. Comme on ne peut pas dire que la solution est évidente, je pense que la partagée ici sera un jour utile à quelqu’un.
Visiteur qui tombera au hasard d’une recherche Bing ou Google sur cette page et qui gagnera quelques heures de ton précieux temps, n’hésite pas à me laisser un message, ça fait toujours plaisir ! Quant aux fidèles lecteurs de Dot.Blog, le jour “J” j’espère que vous vous rappellerez que ce billet existe !
Et pour d’autres infos le mieux c’est : Stay Tuned !
Une dernière info : Le multitouch de l'écran utilise une barrière infrarouge visiblement, c'est à dire que les doigts ou le stylet coupe une grille infrarouge invisible. Ca marche vraiment bien. Sauf qu'en cette époque estivale, les mouches arrivent ! Et dans ma campagne elles ne sont pas en retard ! Hélas quand une mouche se pose sur l'écran : elle clique ! Ce qui fiche un beau bazard parfois ! Prévoyez ainsi avec l'achat d'un écran de ce type un désinsecteur électrique qui grillera tous ces nuisibles qui prennent votre écran pour un tarmark ! Je sais ça fait un peu rire comme truc... mais le geek n'a pas que des aventures palpitantes, il doit aussi combattre, outre les bugs, les mouches et autres diptères !
Vous l'avez compris, l'entrée de blog d'aujourd'hui ne parle pas de Silverlight ni d'autres sujets technologiques passionnants mais d'un problème très ennuyeux intervenant après la migration sous Windows 7. Cela concerne les projets signés numériquement sous Visual Studio, ceux possédant un fichier PFX donc.
Une fois cette migration effectuée, tout semble tellement bien marcher que vous lancer fièrement Visual Studio sans vous douter du complot sournois qui se trame contre vous et qui se révèlera au moment où vous tenterez d'ouvrir une solution contenant des projets signés... Vous allez me dire, l'attente est courte. En effet, il est rare d'ouvrir VS juste pour le plaisir de le regarder, assez rapidement, même pour les plus lents d'entre nous, on finit par faire Fichier / Ouvrir (les plus créatifs préférant Fichier / Nouveau, mais ce n'est pas le sujet du jour).
A ce moment là, tous les projets signés déclenchent une importation du fichier PFX (même si vous êtes toujours sur la même machine et que rien n'a changé, n'oubliez pas que cette machine vient de migrer de Vista à 7 !). Comme vous êtes un développeur honnête, vous connaissez bien entendu les mots de passe des fichiers PFX de vos projets. Donc pas de problème vous tapez le mot de passe. Bang ! Erreur "l'objet existe déjà" (Object already exists). Et pour peu que votre solution contienne des dizaines de projets, ce qui est mon cas assez fréquemment, vous allez boucler sur cette séquence pour tous les fichiers PFX. A la fin vous pourrez travailler sur votre solution, mais à toute tentative de compilation vous vous reprendrez la même séquence : importation de la clé, demande de mot de passe, échec pour cause d'objet existant, etc pour chaque projet signé.
C'est un peu gênant... Mais il existe une raison et une solution !
La raison, en tout cas pour ce que j'en ai vu, c'est que la migration vers W7 modifie les droits du répertoire dans lequel sont cachés les clés importées. Pourquoi ? Je n'en sais rien et pour l'instant je n'ai rien trouvé sur le Web à ce sujet.
En tout cas, le problème étant identifié, il existe une solution : changer les droits et s'approprier le dit répertoire. Ca peut être plus compliqué que prévu, en tout cas j'ai galéré un peu (j'avoue franchement ne pas avoir un niveau d'expert en matière de gestion de sécurité sous Windows). En effet il faut déjà trouver le répertoire en question. (roulements de tambours) c'est... c'est... C:\Users\All Users\Microsoft\Crypto\RSA
Maintenant que faire... Clic droit sur le répertoire (dont l'image possède un petit verrou d'ailleurs, verrou qui disparaitra en fin de manip), onglet sécurité et on essaye de s'approprier tout ça. Ca plantouille car Windows répond qu'on n'a pas les droits sur xxxx (à remplacer par le nom imbuvable de chaque fichier de ce répertoire, justement ceux posant problème).
Bref, il faut y aller à la main. On entre dans le répetoire et on fait un clic droit / sécurité sur chaque fichier. Certains laissent voir la page Sécurité immédiatement. Laissez tomber. Mais un certain nombre d'autres fichiers affichent un message vous indiquant que vous n'avez pas le droit de voir l'onglet Sécurité ! Heureusement Windows vous permet de vous les approprier, donc d'en devenir le propriétaire (au passage je vois mal l'intérêt d'interdire un truc en proposant de l'autoriser, je vous l'ai dit, je ne suis pas un expert en Sécurité Windows !). C'est ce que j'ai fait pour chaque fichier. En fin de manip j'ai recommencé la modification des droits sur le répertoire lui-même, et là c'est passé. Plus de petit verrou affiché dans le symbole dossier.
Et immédiatement, Visual Studio ne redemande plus l'importation des clés. Ca remarche. Ouf !
Je suis convaincu que je m'y suis pris comme un pied pour régler le problème (il doit y avoir plus simple et plus propre que de devenir propriétaire de chaque fichier un par un), en tout cas ça règle bien le problème qui avait été bien identifié : problème de droits sur le répertoire des clés.
Pour l'instant c'est la seule surprise que j'ai eu en migrant cette machine de Vista à Windows 7. Le reste marche très bien et on ne perd rien ce qui est très appréciable (comme j'aurai aimé que cette option de migration sans douleur existe sur les anciennes versions de Windows !).
J'espère que le récit de cette mésaventure (et surtout sa solution) évitera à certains de perdre quelques heures... Si oui, n'hésitez pas à me le dire, ça fait toujours plaisir de savoir qu'un billet a été utile !
Et sir parmi vous il y en a qui sont plus doués que moi niveau sécurité Windows, qu'ils n'hésitent pas à indiquer la "bonne" manip pour arriver au résultat je modifierai en conséquence le présent billet...
Dans tous les cas, Stay Tuned !